Filou à Shanghai

Cette fois c'est pour travailler

27 juin 2008

Wang aime aussi les belles choses

Aujourd'hui le désormais célèbre Wang arrive au bureau avec un costume couleur doré, une chemise marron crème et une cravate bleue.
Je mets mes lunettes de soleil pour me protéger les rétines et Wang me dit:
- Tu connais la marque Calvin Klein?
- Bien sur
- Ma chemise est une CK et elle coute très chère.
Un tic nerveux est passé sur mon visage, du genre inspecteur Dreyfus dans la panthère rose.
Et puis après coup j'étais content pour lui, il a maintenant trois chemises, j'espère juste qu'il ne portera pas souvent sa chemise caca.

chemise

Quelque chose comme ca, en pire...

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25 juin 2008

Inside my Ipod juin

Un mois très chargé en écoute musical!
Je descend de plus en plus dans la musique underground  et je me demande pourquoi ces  groupes ne sont pas plus connus.
Une musique loin des standards habituels? Un son difficile d'accès à la première écoute?
J'en sais rien mais faite moi confiance, éteignez la radio, achetez ces albums sur Amazon et appréciez...

- Apparat: Walls. Le meilleur artiste de la scène électro du moment, en toute simplicité. Les chefs d'œuvre de l'album: Useless Information, You don't know me, Fractales.

- Ellen Allien & Apparat: Orchestra of Bubbles. Le même d'avant avec une des plus intéressante productrice d'europe. Ecoutez Turbo Dreams, Jet et Edison et vous serez convaincu.

- Cut Copy: In ghost colours. Un peu de Pop pour changer. Un groupe Australien avec des sonorités à la téléphone (Unforgettable Season). C'est frais, joyeux et ça s'écoute facile.

- Burial: Untrue. Bienvenu dans le dubstep. Un son unique et profond qui sort des caves de Londres. Tout l'album est une aventure musicale. A écouter avec un caisson de basse et à éviter pour les dépressifs.

- The Field: From here we go sublime. De l'électro expérimental pour finir.

Quelques vidéos pour découvrir ce beau monde:


Apparat Useless Information

Cut copy Lights & music

The Field - Over The Ice

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12 juin 2008

24 heures dans la peau d'un chinois

Depuis trois semaines, je travaille avec un nouveau collègue.

Normalement dans ma compagnie, les chinois recrutés viennent des grandes villes, ont reçu une bonne éducation et fréquentent souvent des étrangers. Ce qui limitait les différences culturelles.

Pas avec le nouveau que l'on appellera Wang.
Wang vient du Sud de la chine, d'une petite ville de moins de trois millions d'habitant que même wikipedia ne connait pas.
La Chine profonde, celle où vit un milliard de personnes.
Après trois semaines de travail commun, je suis en mesure de vous proposer une expérience inédite: 24 heures dans la peau de Wang.
C'est parti pour l'intrusion mentale:

Bonjour je m'appelle Wang et je suis content de travailler dans une grande compagnie américaine. Aujourd'hui c'est vendredi, bientot le weekend.
7h50: réveil. J'enfile mon pantalon et j'hésite entre mes deux chemises blanches. Je les ai déjà mises deux fois toutes les deux cette semaine donc le choix va être difficile.
7h55: je choisis la moins taché des deux, celles avec les taches de stylo sur les manches, c'est moins voyant que l'autre avec les taches de piment.
7h56: quelle ceinture maintenant? ma fausse lacoste ou ma fausse dunhill? aller la fausse Lacoste comme ça le francais qui travaille en face de moi sera content de voir que j'aime les marques françaises.
8h: direction le métro. Pas de rasage? une fois par semaine est largement suffisant. Pas de douche? ce soir si j'y pense.
8h30: arrivé au bureau, je pointe, allume mon ordinateur, pose ma veste sur la chaise et pars prendre mon petit déjeuner au restaurant d'à coté.
9h30: retour au bureau le ventre plein, personne n'a rien remarqué.
10h: tea time! je me sers une bonne petite tasse de thé que je bois avec des grands sluuuurrrppp. Le français me regarde bizarrement, je lui propose une tasse mais il refuse poliment.
10h10: séance de rots après le thé, ma mère m'a toujours dit que roter était bon pour la santé. Je vérifie mes emails puis lis les sites d'information.
11h: tout va très bien en chine d'après les journaux, rassuré je commence à travailler.
12h: pose déjeuner, j'invite un technicien du département IT à manger un plat de nouilles.
12h30: oh non j'ai encore taché ma chemise! heureusement demain c'est samedi.
13h: retour au bureau. Le manager n'est pas la, j'en profite pour commencer une petite sieste.
15h: le manager rentre dans le bureau pour parler au francais, je me réveille en sursaut en criant "good morning", le manager et le francais me regardent bizarrement mais passent à autre chose.
15h10: j'appelle le technicien de l'IT à qui j'ai payé le déjeuner et je lui demande s'il peut m'installer world of warcraft sur mon PC. Il refuse... si j'avais su... Je me remets à travailler sur mon projet tout en parlant à mes amis sur msn
16h:  j'ai un petit creux. Je commence à manger un petit pain quand soudain je réalise que le pain vient de France et que j'ai une bonne occasion de pratiquer mon anglais avec mon collègue français.
16h05: je commence  à parler à mon collègue sur la façon de fabriquer du pain tout en parlant la bouche pleine et crachant des miettes partout puis je demande au français comment les européens mangent leurs pains. Après s'être essuyé le visage, il me répond "en fermant la bouche". Il est marrant mon collègue, comment peut-on parler en mangeant si on n' ouvre pas la bouche?
16h15: j'enchaine la conversation sur l'Australie, où j'ai vécu 3 ans pour étudier ma licence, en lui disant que là bas ils ne mangent pas de pain. C'est bizarre que le francais n'a pas l'air de me croire chaque fois que je lui dis que j'ai vécu à l'étranger.
Je lui emmènerais mon diplôme la prochaine fois.
17h15: direction la maison
18h: je lance world of warcraft pour y jouer toute la nuit et j'oublie de diner.

Opération sortie de la tête de Wang. Sortie réussite, welcome back.
Ca fait du bien.
(toutes les situations de ce passage sont réels et vécus quotidiennement, une expérience enrichissante ~~)

 

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02 juin 2008

Pour en finir avec le miracle chinois

Un livre ecrit par le directeur du bureau de l'Agence France Presse (AFP) à Pékin que j'achèterais en France cet été.
En attendant une bonne interview, qui dit en peu de mots beaucoup de choses intéressantes:

Philippe Massonnet a  passé 14 ans en Chine, il est depuis 6 ans le directeur du bureau de l'Agence France Presse (AFP) à Pékin. Après avoir écrit en 1997, "la Chine en folie", il livre chez le même éditeur (Philippe Picquier) son nouveau livre.

Entretien avec l'auteur

Pourquoi ce titre ?

Ce n'est pas un bouquin de sinologue  mais en partageant mon expérience et en racontant des situations qui peuvent paraître au premier abord anecdotiques, j'ai voulu  montrer que même si rien n'est figé, le parti communiste chinois n'a pas changé. Et j'ai voulu aussi raconter ce qui se cache derrière le fameux "miracle chinois".

Vous comparez le PCC à une secte...

Le fonctionnement du pouvoir en Chine est totalement secret. Personne ne sait ce qui se passe à la tête de l'Etat et ceux qui se hasardent à décrypter ou à faire des pronostics se trompent le plus souvent. Aujourd'hui encore il est impossible d'approcher réellement Hu Jintao ou Wen Jiabao. On les voit partout à la télévision chinoise, ils multiplient les voyages officiels hors des frontières, ils reçoivent de plus en plus d'hôtes étrangers mais nous ne savons toujours rien sur ce qu'ils sont réellement. Les décisions sont prises dans l'opacité la plus totale, dans ce domaine il n'y a eu aucune évolution en 30 ans.


Pourtant le pays a lui bien changé?

Il y a eu incontestablement une élévation du niveau de vie, ce qui ne veut pas d'ailleurs dire que les gens sont plus heureux dans le fond, mais ça c'est encore une autre histoire...Il y a plus de libertés économiques et même politiques. Cela ne veut pas dire que tout le monde en profite bien sûr.  Mais ce qui me frappe dans l'évolution de la société chinoise, c'est qu'il y a de plus en plus de violence dans les rapports humains et que tout passe par un rapport à l'argent.  Et cela se traduit par un tas de situations. J'en raconte une par exemple dans mon livre, qui m'a beaucoup touchée. Une assistante du bureau, Linda, est morte dans un accident de voiture pendant ses vacances. Cela n'avait rien avoir avec son travail. C'était quelqu'un que nous aimions beaucoup et je me suis bien sûr rendu à son enterrement. J'étais très ému et très triste. Mais très vite je me suis rendu compte que la question principale tournait autour de l'indemnisation à la famille de Linda. J'étais là pour montrer qu'elle était bien payée et que le responsable de sa mort devait indemniser la famille en fonction de cela. Cette obsession de l'argent va si loin qu'une amie de Linda s'est approchée de moi, je croyais qu'on allait enfin pouvoir exprimer notre tristesse, mais elle m'a donné le coup de massue en me disant "nous voudrions savoir comment l'AFP va indemniser la famille"...

Comment le PCC s'appuie aujourd'hui sur la société chinoise ?

La grande force du parti est d'avoir réussi à rallier à lui la jeunesse urbaine. Je n'irai pas jusqu'à dire que les jeunes respectent le parti mais ils n'ont pas envie de revenir en arrière. Un passé d'ailleurs qu'ils ne connaissent pas ou mal car ils vivent dans une ignorance totale de leur propre histoire. Mais ils savent que le parti peut les aider à vivre mieux économiquement. L'autre réussite du PCC, si on peut appeler ça comme ça, c'est d'avoir transformé le communisme en nationalisme. Il y a aujourd'hui un vrai désir de revanche des Chinois sur l'Occident, qui s'explique bien sûr par ce que les Occidentaux ont fait à la Chine au XIXème siècle mais surtout par l'attitude du parti qui nourrit et entretient ce nationalisme.  Depuis qu'ils sont petits, on leur martèle que la Chine est grande et surtout on ne leur apprend pas à penser par eux-mêmes. Ils ne comprennent pas, par exemple,  que je suis d'abord Philippe Massonnet, ensuite directeur du bureau de l'AFP et finalement français. Eux, ils se définissent collectivement, d'abord comme chinois.

On pourrait vous reprocher d'être anti-chinois !

Je ne suis si pro ni anti mais il y a une chose qui est sûre : j'en ai assez de ceux qui prennent leurs désirs occidentaux pour des réalités chinoises...Ceux que j'appelle "les adorateurs", qui vivent dans la fiction et qui croient et veulent faire croire que la Chine est sur la voie de la démocratie...et qui accusent ceux qui ne sont pas d'accord d'être des "droits-de-l'hommistes".

Vous n'êtes pas très optimiste...

Je me garde bien de faire des pronostics quant à l'évolution de pays : on est toujours surpris ce ce qui peut arriver ici et cette année nous le prouve sans cesse.   Mais oui je suis inquiet sur les dégâts collatéraux engendrés par ce système: je trouve que nous sommes aujourd'hui face à une société inquiétante, sans liberté de penser, de s'exprimer et de s'informer librement. Nous avons à la fois une ouverture économique terrifiante et une dictature menée par des gens dont nous ne savons rien ou presque.

source: Aujourd'hui la chine

Posté par Filou A à 09:18 - Life in Shanghai - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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